Le mitoyen du
sacré
Nous serons nombreux dans nos rêves à vous accompagner monsieur Pavarotti, vous êtes la chiave d'oro de l'opéra et aujourd'hui la petite ville de Modène
retient son souffle et votre corps. Rappelez-vous, le plateau à peine en retrait juste à la sortie de la ville, c'est en toute liberté que vous allez pouvoir vous échapper, là où un jour
comme un ange vous attendiez de vous poser sous ces tuiles de toits rouges, ces crépis rosés et ces volets verts.
La vie vous imposait des urgences et à la fin de cette vie vous leur avez imposé votre
urgence.
Vous
y montez mort et la-haut vous y aurez de l'air.
C'est une belle consolation que de vous imaginer à l'arrivée étonné d'entendre cette voix sonore vous dire "Entres" et vous de dire surpris
"j'arrive sono io"...................................Chut !
Le sculpteur Serge SANGAN expose à la Chapelle Ste Anne La Baule.
En presqu’île Guérandaise
Nous avons laissé notre voiture sur la grève, un jour de septembre digne « d'un été indien » sans les odeurs
de goémon d'autrefois et en présence de maisons qui poussent comme des champignons. Nous sommes dans ce coin de l'extrême baie de la Baule, Pornichet. Sous
la voûte en forme de bateau le repos d'un chant grégorien s'empare de nous et d'un pas glissé je m'arrête devant les statues en bois d'où s'étirent des têtes en bronze. Surgit du ciel une tapisserie titrée « le paon » c'est pourtant bien un papillon mais aussi un poisson et ce n'est pas pour rien que la lissière Dominique de Serres
s'en sert pour dire une chose à la place d'une autre. La compagnie du peintre italien imprègne la chapelle et la fait ressembler à une gondole dans les vapeurs de Venise.
Le trident de Poséidon sur Lavau
Au loin, dans le marais, nous parviennent des phrases qui rebondissent sur l’eau comme des bavardages entre-coupés. Ils vont se figer jusque dans le marbre de Gortyne, parce qu’ici à Lavau je ne suis jamais loin de la Grèce, vous l’avez remarqué dès le début de ce blog et il y a bien des raisons à cela. Je vous en révèle quelques-unes.
DoloV, doloV : dolos
Rien de moins pour faire rêver dans l’odyssée qui emploie ce mot comme amorce et dans la guerre de Troie il est utilisé comme piège. " Dolos " mot magique car bien utile pour critiquer et ruser. Voici une fourberie de sa part dites-vous, eh ! bien, non, en Grèce le mot a une portée morale ou intellectuelle et correspond parfaitement à celui qui change son orientation et ses buts comme un fleuve qui zigzague, vous y êtes, moi aussi.
Qu’en est-il donc dans cette jolie Bretagne du mot DOL ?
Simplicité, il décrit une rivière qui s’écoule en forme de boucles et s’applique à la terre entourée par la boucle. Les dols sont forcément des îles et les villages qui s’y trouvent sont bâtis à flanc de coteau devant une vallée en forme de fer à cheval pour éviter les inondations. Les appellations sont nombreuses telles " barr-dol " qui induisent la notion de sommet. Me voici assise, un papier beige à la main, pour fixer mes impressions, Lavau dans le dos comme un ex-voto et enveloppée d’une odeur de galette de sarrazin. Mes rêves se fixent sur Doulon, un quartier de Nantes ou le mot Dol n’est autre que celui que vous savez reconnaître avec dolmen (men =pierre), si le béton s'est imposé dans la cité, la rivière de jadis a du déjouer sa serpentine et laisser prise aux immeubles et à une jeunesse turbulente.
Chapître 7
Des mots qui tombent comme des affranchis